La République démocratique du Congo (RDC) connaît depuis quelques années une véritable révolution dans le domaine de la finance digitale. Dans un pays où le taux de bancarisation reste faible, la fintech apparaît comme une réponse concrète aux besoins quotidiens des citoyens et des entreprises.
Elle devient ainsi un levier stratégique pour l’économie congolaise et une passerelle vers l’inclusion financière.
Un secteur en pleine expansion
Portée par les opérateurs télécoms, la fintech congolaise a franchi un cap important. Les solutions de mobile money (M-Pesa, Airtel Money, Orange Money) sont aujourd’hui incontournables, avec des millions d’utilisateurs actifs à travers le pays.
L’adoption est telle qu’en 2023, plus d’un Congolais sur cinq avait déjà un portefeuille électronique, une tendance qui ne cesse de croître. Cette dynamique place la RDC dans le mouvement global qui fait de l’Afrique subsaharienne le berceau de la finance mobile.
Un impact concret sur les vies et les affaires
La fintech a changé le quotidien des Congolais. Elle permet :
- d’envoyer et recevoir de l’argent instantanément, même dans les zones éloignées ;
- de payer des factures (électricité, forfaits internet, scolarité) sans se déplacer ;
- aux petits commerçants et entrepreneurs d’accepter les paiements digitaux et parfois même d’accéder à du microcrédit basé sur l’historique de transactions ;
- aux femmes et aux jeunes d’intégrer plus facilement le système financier, souvent via un simple téléphone portable.
Pour les entreprises, les paiements électroniques réduisent la dépendance au cash, sécurisent les flux financiers et offrent de nouvelles perspectives pour l’e-commerce et les services digitaux.

Des réformes qui ouvrent la voie
Les autorités congolaises accompagnent cette transformation. Le Code du numérique, adopté en 2023, encadre les transactions électroniques et la protection des données. De son côté, la Banque centrale du Congo (BCC) a renforcé l’interopérabilité entre les différents systèmes de paiement et lancé le processus de dé-dollarisation des transactions de détail, obligeant progressivement l’utilisation du franc congolais dans les paiements électroniques.
Ces réformes structurantes visent à asseoir la confiance des usagers et à favoriser une adoption massive.
Des défis à relever pour la croissance de la fintech en RDC
Malgré ces avancées, des obstacles persistent :
- la couverture réseau inégale en dehors des grandes villes ;
- le coût élevé de l’internet mobile, freinant l’adoption ;
- des questions de fraude et de cybersécurité qui nécessitent une vigilance accrue ;
- la nécessité de renforcer la confiance des utilisateurs par plus de transparence et de protection des données.
Une opportunité historique
La fintech en RDC n’est pas qu’un outil de paiement : c’est un vecteur d’inclusion financière, de modernisation des affaires et de formalisation de l’économie.
Avec une population jeune, connectée et avide d’innovation, la RDC dispose d’un potentiel considérable pour devenir l’un des marchés fintech les plus dynamiques de la région.
En investissant dans l’infrastructure numérique, en soutenant les startups locales et en renforçant la régulation, le pays pourrait transformer son écosystème financier et offrir à des millions de Congolais un accès à des services modernes, fiables et accessibles.

Chiffres clés de la fintech en RDC
- 23,3 % : taux de pénétration du mobile money en 2023
- 31,5 % : taux de pénétration de l’internet mobile
- 6,4 millions : utilisateurs M-Pesa recensés par Vodacom en 2024 (+28 % en un an)
- 3 acteurs principaux : Airtel Money, Orange Money, M-Pesa
- Plus de 70 % de la population adulte encore non bancarisée, représentant un potentiel énorme pour la fintech
Rédaction Bizz Media